PROJET DE FILM POUR 2011

Maison Picassiette: un film l'an prochain


La maison Picassiette à Chartres est une belle découverte à faire en plein été, dans un décor très fleuri. Raymond Isidore, qui l’a décorée, revivra le temps d’un long métrage tourné l’an prochain.

Le premier film long métrage consacré à Raymond Isidore, dont la maison à Chartres est devenu un chef-d’œuvre d’art brut, est sur les rails. Ce projet a pour objectif de raconter la vie de celui qui fut rapidement surnommé “Picassiette”. Il est mûri depuis l’an dernier par la société Incognito film, soutenu par le Centre national de la cinématographie et par la ville de Chartres qui a versé en juin 2009 une subvention de 15.000 € en soutien à l’écriture du scénario. «Aujourd’hui, nous finalisons ce scénario. Il est écrit par Hany Tamba qui réalisera le film, Yves Ramonet et Didier Vinson. Il va pouvoir être lu par des comédiens et des distributeurs» précise Eric Dupont, producteur du futur long métrage. Pour incarner Picassiette, les noms de Charles Berling, Jacques Gamblin et Denis Podalydès ont déjà circulé. Le metteur en scène Hany Tamba, cinéaste libanais, a été lauréat du César du meilleur court métrage en 2006. Il a signé l’an dernier “une chanson dans la tête“, son premier long métrage avec Patrick Chesnais.

Le tournage du film sur Raymond Isidore est prévu pour l’été 2011, après l’élaboration du casting et la recherche de financements. «Nous avons cherché plusieurs titres. Finalement, ce devrait être tout simplement “Picassiette”. Je ne peux pas divulguer aujourd’hui le fil du scénario. Je peux simplement dire qu’un angle original a été choisi pour raconter la vie de Raymond Isidore. C’est un film hommage» ajoute Eric Dupont. Une partie du tournage du film devrait se dérouler rue du Repos, dans le décor d’art brut créé par l’employé municipal entre 1938 et 1962, deux ans avant sa mort.

100 visiteurs par jour

Avec une infinie patience et beaucoup de talent, Picassiette a orné chaque recoin de sa petite maison de trois pièces, ainsi que les cours et le jardin qui en dépendent. En utilisant du ciment, des débris de vaisselle et de verres récupérés, est née une composition originale, aux couleurs éclatantes, dans laquelle se mêlent les évocations religieuses, les autoportraits, les rêveries et les représentations allégoriques. «Je suis ravie qu’un film soit consacré à Picassiette. Faire revivre le personnage tel qu’il était est très intéressant. J’espère que le scénario sera calme et tranquille, à son image. C’était Mr Tout le monde. Je rêve que le film nous raconte la vie de cet homme simple et gentil et qu’il ne le transforme pas en héros » souhaite Nadine Bethelier, conservateur du Musée des Beaux-Arts dont dépend la maison Picassiette.

Visitée chaque année par environ 20.000 personnes entre avril et novembre, la maison Picassiette, monument classé depuis 1983, reçoit en ce moment une centaine de visiteurs chaque jour. Le lieu hors du temps vaut le détour. «Il faut vouloir sortir du centre-ville et se dépayser» ajoute Nadine Berthelier. Rue du Repos, il faut surtout trouver la petite entrée et le chemin étroit qui mènent vers l’œuvre de Picassiette. La ville de Chartres effectue régulièrement des travaux de réfection sur cet ensemble qui n’était pas destiné à traverser le siècle. La consolidation de plaques de ciment fissurées dans la maison d’été, la deuxième cour et les murs du jardin devraient constituer les prochaines étapes d’une restauration minutieuse.

Jean-Michel Benquet

 

Extrait de l'echo republicain du 23 /07 /2010


Source : Echo républicain du Vendredi 03 juillet 2009

Source : Echo républicain du lundi 20 juillet 2009