PICASSIETTE A FAIT DE SA MAISON

UN ART BRUT

 



Je n'ai malheureusement pas connu Raymond Isidore dit Picassiette, mais mon grand père Bernard Rolland m'à souvent parlé de  l'homme qui était son beau père.

 

Picassiette est né le 8 septembre 1900. Marié à Adrienne Rolland, il achète en 1929, une parcelle de terrain, rue du repos. Il y construit sa maison. Balayeur du cimetière, il est devenu, longtemps après sa mort, survenue en 1964, l’inspirateur d’une démarche particulière de développement social urbain ( voir article de P.Macquaire : « un quartier dans un monde de mosaïques »).

La réhabilitation du quartier des hauts de Chartres donne naissance, à partir de 1990, à une mosaïque d’interventions sociales dont la Maison d’Isidore est le point de départ :

« La maison achevée, je me promenais dans les champs quand je vis par hasard des petits bouts de verre, débris de porcelaine, vaisselle cassée. Je les ramassais sans intention précise, pour leur couleur et leur scintillement. J’ai trié le bon et jeté le mauvais. Je les ai amoncelés dans un coin de mon jardin. Alors l’idée me vint d’en faire une mosaïque … »

Commence alors une œuvre qui occupera son auteur plus de trente ans. Il recevra la visite en 1954 de Picasso et sera photographié en 1956 par Doineau. Raymond Isidore est décédé le 6 septembre 1964. Son épouse Adrienne quittera cette maison extraordinaire en 1979. La Maison Picassiette a été classée monument historique en 1982.

 

 

                                 Quelques dates...

 

 


 8 septembre 1900
Naissance de Raymond Isidore. Il est le septième et avant-dernier enfant d’une modeste famille d’ouvriers.

 Jusqu’en 1924
Il habite à Chartres chez ses parents, rue des Grandes-Filles-Dieu, puis rue des Béguines.

 1913-1929
Il est d’abord apprenti mouleur à la petite fonderie de Chartres, puis mouleur à la fonderie Teisset, Rose et Brault.

 11 octobre 1924
Mariage avec Adrienne Dousset (née en 1889) qui a trois enfants.

 Décembre 1929
Il achète le terrain situé rue des Rouliers (actuelle rue du Repos), sur lequel il construira sa maison.

 Début des années 30
Employé à la Compagnie des Tramways d’Eure-et-Loir.

 1930
Il commence la construction de la maison.

 Juin 1935
Il est embauché par la ville de Chartres comme cantonnier. Il y restera jusqu’à sa retraite (à l’exception d’une interruption pendant la guerre et d’une affectation de près de deux ans comme chauffeur au Théâtre de Chartres). Le poste qu’il occupe le plus longtemps est celui de balayeur au cimetière Saint-Chéron.

 1938
Il commence à décorer l’intérieur de sa maison.

 1945-1951
Décoration de la cour et des murs extérieurs de la maison.

 1953-1956
Il construit la chapelle et la maison d’été.

 1956
Il achète la parcelle limitrophe puis décore la deuxième cour.

 1958-1962
Construction du mur de clôture et du porche du jardin. Puis décor du jardin et construction du Tombeau de l’Esprit.

 7 septembre 1964
Mort de Raymond Isidore, la veille de son anniversaire.

Raymond Isidore et Adrienne Rolland
Raymond Isidore et Adrienne Rolland